Message de l’invisible

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Vous ne me voyez pas ? Non, bien sûr, vous ne pouvez pas. Vous ne voyez pas les plus petits d’entre vous, alors comment pourriez-vous voir l’invisible ? Vous ne m’entendez pas, non plus. Non. Malgré les signaux que je n’ai cessé d’envoyer. Parce que vous avez pris l’habitude de n’entendre qui ce qui vous arrange, vous ne distinguez plus le bruit du signal.

Mais moi je vous vois. Enfin, je vois vos cellules, ces parties infinitésimales qui constituent votre corps. J’y suis installé. Je suis en plein essor, grâce à vous. Vous me facilitez la tâche. Sans votre collaboration je n’aurais jamais pu me développer et conquérir autant de corps et de territoires. Plus vous aimez les regroupements plus je me régale. Plus vous vous embrassez plus vous me facilitez la circulation et la démultiplication.

Je vous entends aussi. J’entends ceux d’entre vous qui expliquent mon existence par vos mauvaises actions. Je serais ainsi en quelque sorte l’exécutant de votre châtiment, je ne suis là que pour vous punir. Je ne vais pas rentrer dans ces discussions que vous ne cessez d’avoir depuis des siècles et des siècles, chaque fois que vous êtes confrontés aux calamités que vous ne comprenez pas.

J’entends aussi quelques autres qui renvoient mon existence aux atteintes que vous ne cessez de porter à la nature. Et aussi aux écarts économiques qui se creusent dans vos sociétés. Mais moi je ne fais pas attention à ces considérations. Cela vous regarde. Moi je m’installe aussi bien dans les corps des riches que dans ceux des pauvres. J’aime aussi bien les puissants que les vulnérables. Parfois cela m’est difficile d’être aussi démocratique mais j’y arrive. Je n’aime pas les maigrichons d’entre vous, je préfère là où il y a de la matière grasse, c’est plus confortable. Mon plaisir je le trouve chez les plus âgés d’entre vous. Je n’aime pas les solitaires, je préfère les lieux cosmopolites comme vous les appelez. J’abhorre les régimes dictatoriaux qui décident et exécutent rapidement les mesures qui me dérangent, qui m’empêchent de vivre.

Mais surtout je suis devenu votre principal sujet de discussion. Vous colportez toutes sortes d’informations à mon sujet et sur les moyens de m’abattre. Certains s’acharnent à chercher le moyen de m’empêcher de revenir vers vous.

Oui, je reconnais que par mon existence, un grand nombre d’entre vous vont cesser de vivre. Vos familles perdront de leurs membres. Mais vous devriez pourtant être un peu plus reconnaissants, vous faites preuve d’un manque de gratitude qui me désole…

Voyez autour de vous.
J’ai permis aux animaux de reprendre goût à la vie, les abeilles reviendront faire leur travail si indispensable à votre survie.
J’ai nettoyé votre ciel de la pollution qui vous crée plus de maladies et de dégâts que mon action dans vos corps. De l’argent est subitement trouvé alors qu’on ne cessait de vous répéter qu’il n’y en avait pas.
Je vous ai permis de vous retrouver dans vos foyers avec vos proches que vous n’aviez que trop abandonnés pour fréquenter les lieux publics.
Je vous ai ramené le goût de la solitude et je vous ai éloigné des foules, afin que vous puissiez méditer sur votre existence et sur comment mieux vous conduire envers vous-mêmes et les autres.

En signe de gratitude pour moi l’invisible, rendez-moi un petit service. N’écoutez pas ces gens qui me veulent du mal. Ne restez pas chez vous, sortez, embrassez-vous, rassemblez-vous, cessez cette mauvais habitude de vous laver les mains si souvent…

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