RÉFLEXION – “Le Sel de la Terre” (Texte d’Amina)

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Pour leur séance TA3BIRAT de cette semaine, les participants MAHIR Center ont visionné des extraits du film documentaire franco-italo-brésilien “Le Sel de la Terreréalisé par Juliano Ribeiro Salgado et Wim Wenders. Ils ont été invités par la suite à rédiger des textes sur la vie du photographe, ou des commentaires sur l’une des images figurant dans le film.

Voici le texte d’Amina Saadi, 33 ans :

Une image vaut mille mots. Celles de Sebastião Salgado sont des claques qui vous mettent face aux horreurs de l’exploitation des mines, de la famine, du Sahel, du génocide du Rwanda. Des familles aux corps cadavériques. Des enfants qui tètent des seins vides. Un homme qui lave son épouse dans des décombres. Des corps gisant au sol, sur des carcasses de voiture. Des enfants au regard vide, de tout espoir. Des populations qui migrent à pied dans des plaines arides.

Les séries SAHEL et EXODE sont des coups de poing au cœur.

Des projets qui lui prennent plusieurs années et qu’il explore dans leur intégralité. Sebastião a frôlé le cœur des ténèbres via ses voyages et ses projets photographiques. Il a regardé dans les yeux le côté sombre de notre humanité. Les conséquences directes des conflits politiques et de l’inégalité du partage des richesses.

Si prendre de telles photos peut avoir un impact à l’échelle internationale, permettre une prise de conscience et une action, comment le photographe qui les a prises peut-il en sortir indemne ? Salgado est aujourd’hui un peu sourd, suite à sa série Koweit 1991 et a ce regard de celui qui a non seulement vu la mort, mais également la responsabilité d’avoir appuyé sur le déclencheur et l’avoir immortalisé.

Il en ressort terrassé, ayant perdu toute foi en l’humanité, persuadé qu’aucun de nous ne mérite de vivre. La sécheresse de son cœur sera à l’image de celle de ses terres d’enfance.
Ce sera sa compagne qui, avec l’idée de replanter la forêt d’autrefois, replantera en lui l’envie de photographier, la nature cette fois-ci.

Observer la nature, contribuer à sa préservation, permet de reprendre le temps. De comprendre les cycles. Que chaos et espoir, horreur et amour, guerre et paix, injustice et générosité, sécheresse et abondance, sont les deux faces d’une même pièce.

“Prendre des photos, c’est écrire avec des ombres et des lumières”.
Mettre la lumière sur nos parts d’ombre peut parfois se révéler dangereux. Pour nous, pour autrui. Car la vérité secoue. Il faut la regarder en face, en tirer les bonnes conclusions, laisser mourir quelques illusions pour mieux renaître, se réinventer, inspirer, partager dans le respect.

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