CINÉMA – SABRA – CHATILA un massacre décrit par un film israélien

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Pour la séance ciFLAM#6 projection du film “Waltz with Bashir”

La projection de ce film pouvait susciter des discussions sur trois niveaux.

Le premier : celui de la technique cinématographique utilisée.

Le deuxième : celui des aspects humains traités dans le film, mémoire, culpabilité, violence, traumatismes, …

Le troisième : celui du contexte politique des événements dramatiques décrits dans le film par un regard exclusivement israélien, celui des soldats et d’un journaliste…

Voici ce qu’en pense Youness Jord :

A la fois film d’animation, drame psychologique et documentaire de guerre sans jamais oublier son rôle de divertissement, Valse Avec Bachir explore des thèmes profonds en prenant le contre-pied de bien des films actuels : il secoue un peu et fait beaucoup réfléchir. Valse avec Bachir a d’abord été tourné en vidéo, monté comme un film de 90 minutes, puis le réalisateur et ses animateurs ont développé un storyboard de 2300 dessins, qu’ils ont ensuite animé. Le long métrage mélange animation Flash, animation classique et  3D. L’univers graphique du film contribue à l’effacement de la frontière entre documentaire et fiction.

Le titre Valse avec Bachir ne fait pas référence au personnage principal, Ari, l’alter ego animé du réalisateur Ari Folman, mais à Bachir Gemayel, chef des Forces libanaises, milices chrétiennes et président du Liban tout juste élu et dont l’assassinat va précipiter les évènements de de Sabra et Chatila. Quant à la valse, elle fait référence à l’une des scènes les plus émouvantes du film quand un soldat israélien se met à tirer en l’air en tournant sur lui-même.

C’est la dimension politique qui est évidemment importante dans le film avec le questionnement du véritable rôle des forces  israélienne dans le massacre de Sabra et Chatila au Liban. Au cours du film, le spectateur découvre comment le psycho traumatisme peut agir de manière très différente sur la mémoire. Amnésie partielle chez Ari et souvenirs reconstruis, tentés d’onirisme chez Carmi. Le film fait la comparaison entre la réalité et la vérité, car en consommant le flux d’informations et d’actualités on est dans la réaction. Mais, l’éloignement du réalisateur du bruit du monde lui a permis d’avoir une vision plus globale et d’entrer dans la réflexion. L’ensemble de l’œuvre est originale mais sa fin l’est encore plus. Elle représente la métaphore du psycho traumatisme lui-même. La distance émotionnelle permise par l’usage de l’animation disparaît tout à coup au moment de l’éruption brutale des images d’archives. A ce moment-là, le réel nous tombe dessus. Le film est une expérience à ne pas rater, que ce soit d’un point de vue cinématographique, historique ou humain.

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