Texte d’Imane Slaoui, participante MAHIR Center, sur “Agadir Cultures”

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Je me rappelle que pendant le premier confinement, celui où l’on cherchait à tout prix à se distraire, en une journée plutôt fastidieuse, j’avais décidé de ranger cette partie négligée et poussiéreuse de la maison, là où des années sont entassées. 

Anciens objets et étoffes, anciens cahiers et manuels scolaires, et, pour ce qui m’importe le plus, anciens livres.

Je me suis arrêtée devant la BD qui a égayé mon enfance, celle du fameux Globe-trotter Tintin. Cette BD avait nourri mon imagination d’enfant en m’ayant fait visiter plus d’un pays. Les aventures de Tintin et Milou ont marqué une grande partie de mon enfance, et, c’est bien pour cela que j’avais décidé de les relire. De toute façon, je n’avais pas meilleur à faire. Cette fois-ci, étant adulte, je m’y prenais à cette lecture fort divertissante avec un œil critique.

Je décide ensuite de faire quelques recherches. Après quelques clics, je tombe sur une vidéo, puis un article, puis un livre. Je comprends dès lors que l’auteur de mes BD préférées projetait une vision influencée par l’orientalisme sur  plusieurs régions qu’il ignorait totalement. Sa conception du monde arabe est donc mise en avant, prête à la consommation. 

Les pays arabes occupent en effet une place de choix dans les aventures de Tintin. J’ai pu finalement comprendre que les voyages de Tintin dans le  monde arabe se sont avérés pour l’auteur un véritable voyage au bout de soi-même. 

Ces constats ont été ceux d’une personne que j’ai découverte pendant une journée vivifiée par la curiosité. Le nom affiché sur mon écran est Louis Blin.

Deux ans plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer Louis Blin en personne dans une ville que je n’avais jamais visitée avant de rejoindre MAHIR.

Une rencontre qui a eu lieu grâce à un programme unique au monde. “AGADIR CULTURES”, où deux semaines de ma vie sont entièrement dédiées à ce que j’aime faire le plus. Apprendre. Me cultiver. Rencontrer des personnalités de haut calibre. Apprécier des productions culturelles d’une diversité tout à fait exceptionnelle.

J’ai rencontré Louis Blin le 10ème jour du programme “AGADIR CULTURES”. Diplomate, docteur en histoire contemporaine et spécialiste du monde arabe. J’attendais cette conférence avec impatience. Le  sujet m’importait tellement que j’avais fait quelques recherches sur les éléments qui le composent. Napoléon, Victor Hugo, Islam, France, et 19ème siècle. Rare combinaison de mot.  Je n’aurais jamais cru qu’un jour, j’aurais à entendre Victor Hugo et Islam dans la même  phrase. Jusqu’à ce que Louis Blin nous déclame un poème écrit par Victor Hugo. Un éloge funèbre du prophète Mohamed.  

Avant ce jour-là, j’ignorais l’existence de cette lettre adressée au Sultan Mly Ismail et écrite  par Napoléon Ier où il avait commencé par la profession de foi essentielle de l’islam. 

J’ai eu un sentiment de honte, mais aussi de tristesse qui s’est emparée de moi, car je ne connaissais que peu de références citées par M. Blin. Je me rends compte que des milliers d’autres jeunes n’ont pas la chance que j’ai, d’être là à Agadir et partager et apprendre avec des personnalités que je n’ai eu l’opportunité de voir auparavant  que sur le petit écran de mon téléphone.

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